DIRECTDEMOCRACYS
ORGANISATION POLITIQUE MONDIALE
CANADA
Un programme politique, économique, financier et social complet
Fondée sur la logique, le bon sens, la recherche, la réalité, la vérité, la cohérence et le respect mutuel
Édition : 2025-2030 | Préparée par DirectDemocracyS International
Préambule : Un mot avant les mots
DirectDemocracyS (DDS) ne se présente pas comme un parti politique traditionnel. C'est une organisation mondiale fondée sur la propriété collective, le leadership partagé, une gouvernance fractale en micro-groupes et l'idée radicale que les citoyens – et non les politiciens de carrière – doivent détenir un pouvoir réel et structurel sur les décisions qui régissent leur vie. Chaque programme élaboré par DDS n'est pas une promesse, mais un document de travail : détaillé, transparent sur les problèmes, transparent sur les compromis et transparent sur les difficultés à venir.
Le Canada est un pays d'une richesse extraordinaire, doté d'une abondance naturelle exceptionnelle et d'une grande créativité sociale. C'est aussi un pays accablé par un fossé grandissant entre son potentiel et les réalisations de sa gouvernance actuelle. Ce document met en lumière ce fossé sans détour et propose ensuite – de façon précise, concrète et financièrement réaliste – des solutions pour le combler.
Méthode DDS : Chaque proposition de ce document satisfait quatre conditions : (1) elle est cohérente en interne ; (2) elle est chiffrée financièrement ou estimée en termes de coûts ; (3) elle a un plan de mise en œuvre concret ; (4) ses conséquences attendues — positives et négatives — sont énoncées.
PREMIÈRE PARTIE — DIAGNOSTIC : LA RÉALITÉ DU CANADA
1.1 Le système politique : la démocratie gérée et ses coûts
Le Canada fonctionne selon le système parlementaire de Westminster, qui concentre le pouvoir entre les mains du cabinet exécutif, et plus précisément du Cabinet du Premier ministre. Une fois élu, un gouvernement majoritaire ne fait l'objet d'aucun contrôle structurel significatif de la part du Parlement pendant une période pouvant aller jusqu'à cinq ans. La discipline de parti est assurée par le biais de la discipline de vote ; les députés qui s'en écartent se voient refuser des nominations, sont exclus du caucus ou se voient refuser des postes au sein des comités. De ce fait, les 338 représentants élus votent en grande partie conformément aux directives de la direction de leur parti.
Cette structure engendre plusieurs pathologies prévisibles :
- Les électeurs élisent des individus, mais leurs politiques sont déterminées par des conseillers non élus du cabinet du Premier ministre.
- La politique est dictée par les cycles électoraux (horizons de 18 à 24 mois) plutôt que par des données probantes et une planification à long terme.
- Les problèmes structurels — logement, capacité du système de santé, viabilité des retraites — sont systématiquement reportés car leur résolution implique des coûts politiques à court terme.
- Le financement des partis et l'influence des donateurs faussent les priorités législatives, même dans le cadre des règles relativement strictes du Canada en matière de financement des campagnes électorales.
Constatation essentielle :
Le système électoral canadien (scrutin majoritaire uninominal à un tour) produit régulièrement des gouvernements majoritaires élus avec 38 à 40 % des suffrages exprimés, ce qui représente environ 25 à 28 % des électeurs inscrits. Un gouvernement qui contrôle le Parlement et modifie les lois le fait sans le véritable appui de la majorité des Canadiens. Ce n'est en aucun cas une démocratie au sens propre du terme.
1.2 L'économie : une fragilité structurelle derrière une façade prospère
Le PIB nominal du Canada s'élève à environ 2 900 milliards de dollars canadiens (estimations de 2024). Les indicateurs de richesse et de revenu par habitant placent le Canada parmi les pays les plus prospères du monde. Toutefois, cette richesse globale masque des faiblesses structurelles qui se sont accumulées au cours des deux dernières décennies.
|
Indicateur |
2010 |
2024 |
S'orienter |
|
Ratio dette/revenu des ménages |
~150% |
~185% |
DÉTÉRIORATION |
|
Taux d'accession à la propriété (moins de 40 ans) |
~57% |
~44% |
DÉCLIN |
|
croissance de la productivité du travail (annuelle) |
~1,2% |
~0,4% |
DÉCLIN |
|
Dette fédérale (% du PIB) |
~29% |
~42% |
SOULÈVEMENT |
|
Coefficient de Gini (revenu) |
~0,318 |
~0,327 |
DÉTÉRIORATION |
|
Part du secteur manufacturier dans le PIB |
~12% |
~9% |
DÉCLIN |
L’économie canadienne est trop dépendante de l’immobilier comme moteur du PIB et de la richesse des ménages. Ce n’est pas un fondement, mais une vulnérabilité. L’immobilier ne crée pas de biens exportables, ne forme pas la prochaine génération d’ingénieurs et ne développe pas la capacité productive nécessaire à une prospérité durable.
Exemple concret : en 2023, l’investissement immobilier résidentiel représentait environ 7,5 % du PIB canadien, soit le double de la moyenne historique pour une économie saine. Parallèlement, l’investissement des entreprises dans les machines, l’équipement et la propriété intellectuelle a chuté à son plus bas niveau depuis plusieurs décennies en pourcentage du PIB. Le Canada vit de l’inflation des actifs, et non de la productivité.
1.3 La crise du logement : un désastre provoqué par les politiques publiques
La crise du logement au Canada n'est pas un mystère. Elle a été créée, entretenue et aggravée par des choix politiques précis et identifiables aux échelons fédéral, provincial et municipal. Comprendre ses causes est indispensable pour concevoir des solutions efficaces.
Causes principales :
- Les lois municipales de zonage qui interdisent la densité (zonage unifamilial couvrant 70 à 80 % des terrains résidentiels dans les grandes villes).
- Un traitement fiscal fédéral et provincial qui fait de l'immobilier l'actif d'investissement le plus avantageux fiscalement pour les Canadiens (exemption pour résidence principale, traitement préférentiel des gains en capital pour les sociétés).
- Des décennies de désengagement fédéral de la construction de logements sociaux et abordables (1993-2016 : investissement fédéral quasi nul dans le logement).
- Des taux d’intérêt extrêmement bas (2009-2022) qui ont redirigé les capitaux vers l’immobilier spéculatif tout en freinant les investissements productifs.
- Réglementation insuffisante des locations de courte durée (plateformes de type Airbnb) réduisant l'offre de locations de longue durée sur les marchés urbains.
- Croissance démographique due à l'immigration à un rythme supérieur à celui de la construction de logements — sans plan de construction adapté aux objectifs d'immigration.
Conséquences actuelles :
- Prix moyen des maisons à Toronto et à Vancouver : 1,1 à 1,3 million de dollars canadiens (2024).
- Loyer moyen pour un appartement d'une chambre à Toronto : 2 400 à 2 700 $ CA/mois.
- Revenu médian des ménages au Canada : environ 68 000 $ CA par année — avant impôts.
- Le calcul est tout simplement absurde : un ménage dont le revenu est médian ne peut pas se permettre de louer un appartement d'une chambre dans les plus grandes villes du Canada sans consacrer plus de 50 % de son revenu brut au loyer.
1.4 Le système de santé : un système qui repose sur sa propre réputation
Le système de santé universel canadien, source de grande fierté nationale, affiche des performances inférieures à celles des pays comparables de l'OCDE pour presque tous les indicateurs opérationnels : délais d'attente, accès aux spécialistes, disponibilité des soins primaires, services de santé mentale et assurance médicaments. Les Canadiens paient parmi les coûts de santé par habitant les plus élevés de l'OCDE, tout en obtenant des résultats moyens.
|
Métrique |
Canada |
Allemagne |
Australie |
Pays-Bas |
|
Délai d'attente moyen pour consulter un spécialiste (semaines) |
27.4 |
~4 |
~6 |
~3 |
|
Médecins de famille pour 1 000 habitants. |
1.2 |
2.2 |
1.8 |
2.0 |
|
% de la population sans médecin de famille |
~22% |
<5% |
<8% |
<5% |
|
Dépenses de santé (% du PIB) |
12,6% |
12,8% |
10,7% |
11,1% |
Le Canada dépense presque autant que l'Allemagne — un pays qui offre une couverture universelle en matière de médicaments, de soins dentaires et de santé mentale — mais 22 % de sa population n'a pas de médecin de famille attitré. Il ne s'agit pas uniquement d'un problème de financement. C'est un problème structurel, organisationnel et de gouvernance.
1.5 Inégalités, pauvreté et plancher social
Le système de protection sociale canadien a été conçu pour un marché du travail du milieu du XXe siècle caractérisé par des emplois à temps plein et à long terme assortis d'avantages sociaux. Ce marché du travail n'existe plus pour une part importante et croissante de la population active. L'économie des petits boulots, la précarité des contrats, le travail sur plateformes numériques et le déclin du taux de syndicalisation ont privé des millions de Canadiens d'une sécurité de revenu adéquate, de congés de maladie suffisants et d'une retraite appropriée.
- Environ 3,7 millions de Canadiens (environ 9,9 % de la population) vivent sous le seuil de pauvreté officiel (mesure du panier de consommation).
- La pauvreté infantile demeure obstinément supérieure à 12 % dans plusieurs provinces.
- Les communautés autochtones sont confrontées à des taux de pauvreté 2 à 3 fois supérieurs à la moyenne nationale, avec des inégalités persistantes en matière d'accès à l'eau potable, de qualité du logement, de niveau d'instruction et d'espérance de vie.
- Les Canadiens racialisés gagnent en moyenne 28 % de moins que les Canadiens non racialisés ayant des qualifications équivalentes.
- Les 20 % des Canadiens les plus riches détiennent environ 67 % de la richesse nette totale.
1.6 Environnement et climat : demi-mesures et objectifs manqués
Le Canada a signé tous les grands accords internationaux sur le climat et n'a pas atteint la quasi-totalité de ses objectifs nationaux de réduction des émissions. Ce n'est pas un hasard. L'économie politique du pétrole et du gaz canadiens – les sables bitumineux de l'Alberta représentent les troisièmes plus importantes réserves de pétrole au monde – crée des incitations structurelles qui l'emportent systématiquement sur les engagements climatiques.
Le Canada est l'un des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre par habitant au monde et, contrairement aux économies plus petites, il a la capacité technique et financière d'effectuer une transition rapide, mais il lui manque la volonté politique de passer outre les intérêts du secteur des combustibles fossiles, qui emploie des centaines de milliers de personnes et contribue énormément aux recettes publiques dans les provinces clés.
Le paradoxe : le Canada est à la fois en tête des pays du G7 en matière d’ambition climatique déclarée et à la traîne de la plupart d’entre eux en ce qui concerne la réduction réelle des émissions. C’est là la différence entre une gouvernance axée sur le discours et une gouvernance fondée sur la réalité – une distinction que DDS considère comme fondamentale.
PARTIE II — LE PROGRAMME DDS POUR LE CANADA
Le programme suivant est organisé en sept domaines. Chaque section comprend : l’énoncé du problème, l’architecture de la solution proposée, le phasage de la mise en œuvre, les conséquences attendues (positives et négatives) et des exemples concrets.
DOMAINE 1 : RÉFORME DE LA GOUVERNANCE DÉMOCRATIQUE
2.1 Mettre fin à la pseudo-démocratie : réforme structurelle des systèmes électoraux et parlementaires
2.1.1 Représentation proportionnelle
DDS propose l'adoption d'un système de représentation proportionnelle mixte (SPM) pour les élections fédérales, inspiré du système néo-zélandais qui a fait ses preuves (après 1996). Dans ce système, les électeurs votent deux fois : une fois pour un représentant local et une fois pour un parti. Les sièges sont attribués proportionnellement au nombre de voix obtenues par chaque parti, les sièges locaux étant pourvus en premier, puis les sièges de liste étant attribués en complément pour respecter la proportionnalité.
Conséquences attendues :
- Aucun gouvernement ne pourrait accéder au pouvoir majoritaire avec moins de 50 % des voix.
- Les petits partis bénéficiant d'un véritable soutien national (les Verts, le NPD proportionnellement à leur vote réel) détiendraient des sièges reflétant les véritables intentions des électeurs.
- Les gouvernements de coalition deviennent la norme, nécessitant des négociations, des compromis et une représentation plus large de l'électorat.
- Inconvénients : la formation d’une coalition peut prendre des semaines ; absence de mandats décisifs d’un seul parti permettant une action rapide.
- Contre-mesure : protocoles d’accord de coalition assortis de délais de formation contraignants de 90 jours.
Comparaison avec la Nouvelle-Zélande : La Nouvelle-Zélande a adopté le système électoral proportionnel mixte en 1996 à la suite d’un référendum. La satisfaction des électeurs à l’égard du système politique a sensiblement augmenté. Les gouvernements sont plus représentatifs et, depuis, aucun parti n’a gouverné avec une majorité parlementaire grâce à une minorité de voix.
2.1.2 Assemblées citoyennes et mécanismes de participation directe
DDS propose l'institutionnalisation permanente des assemblées citoyennes aux niveaux fédéral et provincial. Une assemblée citoyenne est un groupe de citoyens canadiens ordinaires (100 à 150 personnes) sélectionnés au hasard et représentatifs de la démographie. Ces citoyens reçoivent des exposés d'experts, disposent de temps pour délibérer et ont le pouvoir de formuler des recommandations contraignantes sur des questions politiques précises, sous réserve d'un seuil référendaire.
Phases de mise en œuvre :
- Année 1 : Assemblée citoyenne pilote sur la réforme fiscale, avec un mandat de 3 mois et une transparence publique totale.
- Année 2 : Institution de l'Assemblée permanente des citoyens établie par une loi fédérale, avec des membres tournants (mandats de 2 ans), un secrétariat indépendant et un débat parlementaire garanti sur toutes les recommandations.
- À partir de la troisième année : les assemblées citoyennes sont habilitées à lancer des projets de loi proposés par les citoyens lorsqu’elles recueillent 500 000 signatures, ce qui déclenche un vote parlementaire obligatoire dans un délai de 6 mois.
2.1.3 Réforme du Sénat
Le Sénat canadien – une assemblée non élue composée de membres nommés partisans – devrait être réformé en une chambre élue à mandat limité, dotée de véritables pouvoirs de contrôle et d'exigences explicites en matière de représentation démographique. Le modèle privilégié par DDS : 105 sénateurs, élus par province ou territoire pour un mandat échelonné de huit ans, avec une parité hommes-femmes obligatoire de 50 % et une représentation autochtone garantie à hauteur de 15 % par une modification constitutionnelle.
2.1.4 Participation civique obligatoire
Le DDS propose le vote obligatoire – tel qu'il est pratiqué en Australie, en Belgique et au Brésil – associé à l'option « Aucun de ces candidats » (NOTA) sur chaque bulletin. Le vote obligatoire élimine l'avantage structurel que représente la mobilisation de bases restreintes et très motivées, au détriment de la construction de véritables coalitions majoritaires. Il garantit également que les résultats électoraux reflètent les préférences réelles de la population, et non celles des personnes ayant le plus de temps, de ressources ou de motivation pour voter.
Données australiennes : Depuis l’instauration du vote obligatoire en 1924, l’Australie a toujours maintenu un taux de participation électorale supérieur à 90 %. Le pays a connu des gouvernements conservateurs et progressistes ; le vote obligatoire ne favorise aucune orientation idéologique, mais il favorise l’exactitude du vote.
2.2 Transparence, lutte contre la corruption et véritable responsabilité
- Divulgation publique obligatoire de tous les contrats gouvernementaux supérieurs à 25 000 $ CA.
- Exigences de confiance absolue pour tous les ministres et le personnel du Premier ministre, avec vérification indépendante.
- Délai de carence : 5 ans avant que les anciens ministres ou hauts fonctionnaires puissent travailler dans les secteurs qu'ils ont réglementés.
- Un vérificateur général entièrement financé et véritablement indépendant, doté du pouvoir de poursuivre en justice – et non pas seulement de faire rapport.
- Registre des lobbyistes avec divulgation en temps réel de toutes les réunions, des sujets abordés et des dépenses.
- Financement public des élections fédérales, élimination totale des dons des entreprises et des syndicats.
DOMAINE 2 : RESTRUCTURATION ÉCONOMIQUE
2.3 De l'économie rentière à l'économie productive
La stratégie économique du Canada doit opérer une transition délibérée, passant d'une économie fondée sur la plus-value immobilière et l'extraction des ressources à une économie diversifiée et hautement productive, ancrée dans la fabrication de pointe, les technologies propres, l'infrastructure numérique et les services à forte intensité de connaissances. Cela exige une politique industrielle coordonnée, et non des mécanismes d'incitation fiscale passifs qui profitent principalement aux grandes entreprises établies.
2.3.1 Fonds de politique industrielle stratégique
DDS propose la création d’un Fonds stratégique de politique industrielle de 50 milliards de dollars canadiens sur dix ans, alimenté par :
- Une augmentation de 2 % du taux d’imposition des sociétés (de 15 % à 17 %), recettes projetées : 7 à 8 milliards de dollars canadiens par an.
- Élimination des subventions à la production de combustibles fossiles (actuellement de 4 à 5 milliards de dollars canadiens par année au niveau fédéral).
- Émission d'obligations de transition industrielle à 30 ans.
Le Fonds financerait :
- chaînes d'approvisionnement pour la fabrication de batteries (le Canada possède des gisements de lithium, de nickel et de cobalt de premier plan mondial — actuellement exportés à l'état brut).
- Capacité de conception et de fabrication de semi-conducteurs (le Canada possède des universités de recherche de calibre mondial; il lui manque la politique industrielle nécessaire pour transformer cela en industrie).
- Infrastructures de production d'hydrogène vert en Alberta — offrant aux travailleurs du secteur des combustibles fossiles une véritable voie de transition, et non une promesse politique.
- Des pôles d'agriculture de précision et de technologies agroalimentaires dans les Prairies.
Exemple concret : le secteur minier canadien extrait du lithium et l’exporte en grande partie à l’état brut. Une seule usine de cellules de batteries lithium-ion emploie entre 1 000 et 3 000 travailleurs et génère dix fois plus de valeur ajoutée que l’extraction de la matière première. L’Allemagne, la Corée du Sud et les États-Unis construisent actuellement ces usines. Le Canada, lui, ne le fait pas, malgré la présence des matières premières. Il s’agit d’un échec politique, et non d’une pénurie de ressources.
2.3.2 Investissement dans la productivité du travail
La croissance de la productivité du travail au Canada est en baisse depuis deux décennies. Les principales causes sont : le faible investissement des entreprises dans les machines et l’équipement ; le sous-investissement dans la formation des travailleurs ; et un environnement réglementaire qui privilégie l’ingénierie financière à l’investissement productif.
Propositions du DDS :
- Amortissement accéléré (déduction immédiate) des investissements des entreprises dans les machines, les équipements et l'infrastructure numérique — mais uniquement pour les entreprises qui peuvent démontrer une croissance annuelle des salaires d'au moins 2 % pour leurs employés non cadres.
- Fonds national de transition des compétences : 3 milliards de dollars canadiens par année pour la requalification rémunérée des travailleurs dans les secteurs en déclin, dispensée par l’entremise des collèges communautaires avec des exigences de coinvestissement de la part des employeurs.
- Réforme des voies d'immigration visant à donner la priorité aux travailleurs qualifiés, aux ingénieurs et aux professionnels de la santé — avec des réformes obligatoires de reconnaissance des qualifications achevées dans un délai de 18 mois.
2.3.3 Réduire la concentration des entreprises
Le Canada affiche certains des taux de concentration des marchés d'entreprises les plus élevés au monde développé dans des secteurs essentiels au budget des ménages : télécommunications, services bancaires, alimentation et transport aérien. Le Bureau de la concurrence manque de moyens et de financement, et son cadre réglementaire ne permet pas de sanctionner adéquatement les pratiques anticoncurrentielles.
- Augmenter le budget du Bureau de la concurrence de 200 % sur cinq ans.
- Réformer la loi sur la concurrence pour y intégrer un test de concentration du marché : aucune fusion ne sera approuvée si l’entité combinée contrôle plus de 30 % d’un marché national.
- Mesures correctives structurelles (cessions forcées) pour les oligopoles existants dans les télécommunications et l'alimentation, inspirées de l'application du droit de la concurrence de l'UE.
- Open banking : obliger les cinq grandes banques à partager les données clients (avec consentement) avec leurs concurrents fintech agréés, réduisant ainsi les coûts de changement et permettant une véritable concurrence dans les services financiers.
DOMAINE 3 : RESPONSABILITÉ FISCALE ET JUSTICE FISCALE
2.4 Un système fiscal qui reflète la réalité
Le système fiscal fédéral canadien a été modifié progressivement par tous les gouvernements depuis plus de 60 ans et ressemble désormais davantage à une formation géologique qu'à un instrument politique cohérent. Il est opaque, régressif dans plusieurs de ses dispositions clés et privilégie systématiquement l'accumulation passive de richesse au détriment du revenu du travail. DDS propose une réforme globale fondée sur quatre principes : la simplicité, la progressivité, la neutralité entre les types de revenus et la tarification environnementale.
2.4.1 Réforme de l'impôt sur le revenu des particuliers
|
Tranche de revenu |
Taux actuel |
Taux proposé par DDS |
Changement |
|
Jusqu'à 60 000 $ CA |
20,5% |
15% |
DIMINUER |
|
60 001 à 150 000 $ CA |
26% |
26% |
INCHANGÉ |
|
150 001 à 250 000 $ CA |
29% |
32% |
AUGMENTER |
|
250 001 à 500 000 $ CA |
33% |
38% |
AUGMENTER |
|
Plus de 500 000 $ CA |
33% |
45% |
AUGMENTER |
Les taux fédéraux mentionnés ci-dessus se combinent aux taux provinciaux; DDS propose des accords d’harmonisation fiscale fédéraux-provinciaux afin de réduire les taux marginaux supérieurs combinés dans les provinces à imposition élevée (Ontario, Québec) tout en augmentant les taux effectifs sur les revenus très élevés dans les provinces à faible imposition.
2.4.2 Réforme des gains en capital
Actuellement, seulement 50 % des gains en capital sont inclus dans le revenu imposable des particuliers. Le DDS propose :
- Gains en capital sur les investissements productifs détenus pendant plus de 3 ans : inclusion de 50 % (maintenue).
- Gains en capital sur les biens immobiliers (autres que la résidence principale) : inclusion à 100 %.
- Plus-values sur actifs financiers détenus moins d'un an : inclusion à 100 % (suppression de l'avantage fiscal lié à la spéculation à court terme).
- Exonération pour résidence principale : maintenue intégralement pour les résidences principales ; supprimée pour les propriétés utilisées comme véhicules d'investissement (c.-à-d. qui ne constituent pas la résidence principale du propriétaire).
Estimation des recettes : La réforme du taux d’inclusion des gains en capital sur l’immobilier et la spéculation financière à court terme générerait des recettes fédérales annuelles supplémentaires estimées entre 8 et 12 milliards de dollars canadiens, selon les cadres de modélisation du Bureau parlementaire du budget.
2.4.3 Impôt sur la fortune
Le DDS propose un impôt annuel sur la fortune de 1 % sur l’actif net supérieur à 10 millions de dollars canadiens, passant à 2 % au-delà de 50 millions de dollars canadiens et à 3 % au-delà de 200 millions de dollars canadiens. Les actifs assujettis à cet impôt comprennent : les actifs financiers, l’immobilier, les participations dans des entreprises, les fiducies et les avoirs étrangers attribuables à des résidents canadiens.
Mesures de protection lors de la mise en œuvre :
- Méthodologie d'évaluation établie par des experts indépendants de l'Agence du revenu, et non autodéclarée.
- Taxe de sortie équivalente à 3 années d'impôt sur la fortune projeté pour les contribuables émigrés dont le patrimoine dépasse le seuil.
- Dispositions anti-abus : les structures d'entreprise utilisées pour soustraire le patrimoine personnel au seuil d'imposition sont considérées comme transparentes.
- Recettes annuelles prévues : 20 à 30 milliards de dollars canadiens, selon les données de Statistique Canada sur la répartition des richesses et une modélisation comparable de la Norvège (qui applique un impôt annuel sur la fortune similaire).
2.4.4 Application de la loi en matière d'impôt sur les sociétés et de paradis fiscaux
- Augmenter le taux d’imposition fédéral des sociétés : de 15 % à 17 % (toujours inférieur à la médiane de l’OCDE, qui est de 23 %).
- Mise en œuvre intégrale de l’impôt minimum mondial (deuxième pilier de l’OCDE) : taux effectif minimum de 15 % sur les bénéfices des multinationales canadiennes, quel que soit l’endroit où ils sont réalisés.
- Déclaration publique obligatoire pays par pays pour toutes les sociétés dont le chiffre d'affaires dépasse 1 milliard de dollars canadiens.
- Accords d'échange automatique de renseignements avec tous les partenaires ayant signé des conventions fiscales ; considérer les juridictions non coopératives comme présumées non indépendantes.
- Revenus supplémentaires estimés grâce à la conformité fiscale : 15 à 25 milliards de dollars canadiens par année (estimation du Bureau du directeur parlementaire du budget concernant le déficit fiscal actuel).
2.5 Cadre budgétaire fédéral
Le DDS propose une trajectoire budgétaire équilibrée sur 10 ans : des dépenses déficitaires ciblées au cours des années 1 à 4 pour les investissements structurels (logement, santé, transition énergétique propre), avec un équilibre structurel atteint d’ici l’année 5 et un objectif d’excédent modeste d’ici l’année 7 pour reconstituer les réserves budgétaires.
|
Mesure des recettes |
Revenus annuels estimés (en milliards de dollars canadiens) |
|
Réforme de l'impôt sur le revenu des particuliers (net) |
+3 à +5 |
|
Réforme des gains en capital |
+8 à +12 |
|
Impôt sur la fortune |
+20 à +30 |
|
augmentation du taux d'imposition des sociétés |
+7 à +8 |
|
Conformité/application des lois fiscales |
+15 à +25 |
|
suppression des subventions aux combustibles fossiles |
+4 à +5 |
|
REVENUS SUPPLÉMENTAIRES TOTAL |
+57 à +85 |
DOMAINE 4 : RÉSOUDRE LA CRISE DU LOGEMENT
2.6 Une stratégie nationale en matière de logement qui fonctionne réellement
La Stratégie nationale du logement actuelle est un document-cadre, et non un programme de construction. Elle fixe des objectifs, crée des structures bureaucratiques et alloue des fonds relativement modestes, sans pour autant modifier les mécanismes d'incitation et les obstacles réglementaires fondamentaux qui sont à l'origine de la crise. DDS propose une transformation de la politique du logement à tous les niveaux.
2.6.1 Programme fédéral foncier et de construction
Le gouvernement fédéral possède environ 38 000 propriétés excédentaires à travers le Canada, dont de vastes terrains dans les grands centres urbains. DDS propose :
- Transfert immédiat de tous les terrains fédéraux excédentaires dans les CMA (zones métropolitaines de recensement) à une nouvelle Autorité nationale de construction de logements (NHCA).
- La NHCA est habilitée à construire directement — et non seulement à financer — des logements sociaux à revenus mixtes, avec un objectif de 100 000 nouveaux logements par an.
- Les unités sont vendues au prix coûtant majoré de 10 % aux primo-accédants dont les revenus sont inférieurs au revenu médian de la région, avec une participation de l'État qui est rachetée sur 25 ans.
- 20 % de tous les logements NHCA sont des logements locatifs abordables permanents, gérés par des sociétés de logement à but non lucratif.
Ampleur des besoins : La Société canadienne d’hypothèques et de logement estime que le Canada doit construire environ 3,5 millions de logements supplémentaires d’ici 2030, en plus des projections de référence, afin de rétablir l’abordabilité du logement. Cela exige la construction soutenue d’environ 500 000 unités par année, soit plus du double du rythme actuel. L’Association canadienne du logement contribue directement à hauteur de 20 % à cet objectif; les 80 % restants dépendent du secteur privé, dans le cadre de politiques réformées.
2.6.2 Dérogation au zonage et obligation de densité
Le financement fédéral des infrastructures (transport en commun, eau, assainissement) est conditionné à des réformes du zonage municipal. Les municipalités souhaitant accéder à ces fonds doivent démontrer :
- Suppression du zonage exclusivement unifamilial dans un rayon de 800 mètres autour des stations de transport en commun rapide (immeubles résidentiels d'au moins 6 étages autorisés de plein droit).
- Densité minimale de 150 logements par hectare dans les « zones prioritaires de logement » désignées.
- Procédure d'autorisation simplifiée : les projets résidentiels de moins de 50 unités sont approuvés en 60 jours ou le permis est automatiquement accordé.
Les provinces sont encouragées (par le biais de transferts fédéraux conditionnés au respect des règles) à passer outre les restrictions de zonage municipales qui empêchent la densification, comme l'a fait la Colombie-Britannique en 2023 avec sa loi générale sur la densification.
2.6.3 Taxe sur la spéculation et mesures relatives aux logements vacants
- Taxe nationale annuelle de 2 % sur les biens détenus par des non-résidents qui ne sont ni citoyens canadiens ni résidents permanents.
- Taxe de 3 % sur les logements vacants laissés inoccupés pendant plus de 6 mois par an, appliquée à l'échelle nationale.
- Interdiction pour les entreprises de posséder des maisons individuelles par des entités n'ayant aucun lien opérationnel avec le marché immobilier local.
- Réglementation des locations de courte durée : les plateformes opérant au Canada doivent vérifier que les propriétés inscrites sont soit la résidence principale de l’hôte, soit qu’elles sont spécifiquement autorisées pour un usage commercial de courte durée, avec une limite nationale de 90 jours de location par année pour les unités non autorisées.
- Effet attendu : retour de 50 000 à 100 000 unités sur le marché locatif ou d'accession à la propriété à long terme d'ici 2 ans.
2.6.4 Assistance aux primo-accédants et aux locataires
- Élargir et restructurer le Compte d’épargne pour l’achat d’une première maison : augmenter la limite de cotisation annuelle de 8 000 $ CA à 15 000 $ CA; la limite à vie de 40 000 $ CA à 80 000 $ CA.
- Prêts hypothécaires fédéraux à co-investissement : le gouvernement prend une participation de 15 % dans les maisons nouvellement construites achetées par des primo-accédants, réduisant ainsi le prêt hypothécaire requis de 15 % sans intérêt — participation rachetée sur 20 ans.
- Registre national des locations : tous les propriétaires doivent s’inscrire ; les loyers supérieurs au prix médian régional du marché doivent être justifiés ; plafond annuel d’augmentation des loyers : IPC + 1 %.
DOMAINE 5 : SANTÉ — DE LA RÉPUTATION À LA PERFORMANCE
2.7 Reconstruire les soins primaires
Le dysfonctionnement fondamental du système de santé canadien réside dans l'effondrement des soins primaires. Sans médecine familiale solide et accessible, les patients reportent leurs soins jusqu'à l'urgence, surchargent les services d'urgence et consomment des ressources hospitalières beaucoup plus coûteuses. La solution passe par la base.
2.7.1 Les centres de santé communautaires comme modèle par défaut
Le ministère des Services sociaux (DDS) propose un programme national visant à établir 2 000 nouveaux centres de santé communautaires (CSC) sur une période de 10 ans, soit un pour 19 000 Canadiens, en fonction de la densité de population et des besoins actuels. Chaque CSC fonctionne comme une équipe interdisciplinaire : médecins de famille, infirmières praticiennes spécialisées, pharmaciens, travailleurs sociaux, professionnels de la santé mentale et physiothérapeutes y travaillent sous un même toit.
- Coût d’investissement par CHC : environ 3 à 5 millions de dollars canadiens (réaffectation de bâtiments existants privilégiée).
- Investissement total en capital : 6 à 10 milliards de dollars canadiens sur 10 ans.
- Modèle de dotation en personnel : emploi salarié (et non rémunération à l’acte), ce qui, selon les données des CSC de l’Ontario, permet d’obtenir de meilleurs résultats en matière de soins préventifs et des coûts par patient plus faibles.
- Chaque CHC propose un service de rendez-vous en soins urgents le jour même, garanti pour tous les patients inscrits.
2.7.2 Régime national d'assurance-médicaments
Le Canada est le seul pays développé doté d'un système de santé universel qui ne couvre pas les médicaments d'ordonnance. Environ 10 % des Canadiens (3,7 millions de personnes) ne font pas exécuter leurs ordonnances en raison de leur coût. Il s'agit là d'une injustice sociale et d'une inefficacité du système de santé : les maladies chroniques mal traitées coûtent beaucoup plus cher au système de santé en soins aigus que le coût initial des médicaments.
DDS propose un système d'assurance médicaments universel à payeur unique :
- Formulaire fédéral couvrant tous les médicaments figurant sur la Liste des médicaments essentiels de l'OMS, plus des ajouts propres au Canada, négociés à des prix d'achat groupés nationaux.
- Cotisation du patient : 5 CAD/ordonnance (zéro pour les personnes à faible revenu, les enfants et les personnes âgées).
- Coût estimé : 15 à 20 milliards de dollars canadiens par an.
- Économies estimées (remplacement des primes d’assurance privée et des coûts des avantages sociaux des employeurs) : 10 à 13 milliards de dollars canadiens par année.
- Nouvelles dépenses fédérales nettes : 5 à 10 milliards de dollars canadiens par année — compensées par les réductions des coûts du système de santé grâce à une meilleure gestion des maladies chroniques sur 5 ans.
2.7.3 Santé mentale et toxicomanie
La santé mentale et la toxicomanie souffrent d'un sous-financement chronique au sein du système de santé canadien, ne recevant qu'environ 7 % des dépenses de santé alors qu'elles représentent près de 30 % du fardeau de l'invalidité. DDS propose :
- Une allocation minimale de 15 % des transferts provinciaux en matière de santé est consacrée aux services de santé mentale et de lutte contre la toxicomanie, conformément aux conditions de transfert fédérales.
- La décriminalisation de la possession personnelle de drogues (toutes substances) combinée à un programme d'approvisionnement sécurisé réglementé, inspiré de l'approche portugaise fondée sur des données probantes (qui a permis une réduction de plus de 50 % des décès liés à la drogue et de la transmission du VIH sur une période de 10 ans).
- 1 000 nouvelles équipes de traitement communautaire intensif (ACT) à l'échelle nationale, chacune soutenant 100 à 150 personnes atteintes de maladie mentale grave dans des milieux communautaires plutôt que dans des institutions ou des services d'urgence.
DOMAINE 6 : JUSTICE SOCIALE, INÉGALITÉS ET SÉCURITÉ DE BASE
2.8 Un projet pilote de revenu de base universel menant à sa mise en œuvre
DDS soutient une approche rigoureuse et fondée sur des données probantes pour instaurer un revenu de base universel (RBU) pour tous les adultes canadiens. Les résultats des projets pilotes existants (Stockton, Canada ; Mincome, Manitoba ; Finlande ; Kenya) démontrent de façon constante que : les bénéficiaires du RBU continuent de travailler ; leur santé mentale s’améliore ; les résultats scolaires des enfants s’améliorent ; et les économies locales profitent d’une consommation accrue.
Phase 1 (Années 1 à 3) : Projet pilote national
- Sélectionner 3 sites pilotes régionaux (un urbain, une ville de taille moyenne, un rural/éloigné), environ 50 000 participants chacun.
- Paiement : 1 500 $ CA/mois par adulte (en dessous du seuil de pauvreté du Canada, mais en complément, et non en remplacement, des programmes existants).
- Durée : 3 ans avec évaluation académique indépendante.
- Coût : environ 3 milliards de dollars canadiens pour un projet pilote de 3 ans.
Phase 2 (Années 4 à 7) : Mise en œuvre progressive
En attendant les résultats du projet pilote, un modèle d’impôt négatif sur le revenu sera mis en place : tous les Canadiens dont le revenu est inférieur à un certain seuil recevront un complément gouvernemental afin de garantir un revenu net minimal (24 000 $ CA par année pour une personne seule, ce montant étant ajusté en fonction de la taille de la famille et de la région). Ce système simplifierait l’administration complexe de plusieurs programmes fédéraux de soutien du revenu qui se chevauchent.
- Financé par : la rationalisation des programmes fédéraux existants de soutien du revenu (élimination des frais administratifs), les recettes de l'impôt sur la fortune et l'effet multiplicateur économique de la consommation des bénéficiaires à faible revenu.
- Estimation des coûts à long terme : 60 à 80 milliards de dollars canadiens par année, partiellement compensés par des économies de 20 à 25 milliards de dollars canadiens grâce à la consolidation des programmes.
- Coût net supplémentaire : 35 à 55 milliards de dollars canadiens par année — ce qui correspond aux revenus supplémentaires générés par les réformes fiscales du DDS.
2.9 Réconciliation avec les peuples autochtones : au-delà de la rhétorique
La réconciliation ne se limite pas aux excuses, à la reconnaissance des territoires ou même à la législation de mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Une véritable réconciliation exige une redistribution structurelle du pouvoir et des ressources.
- Mise en œuvre intégrale des 94 appels à l'action de la Commission de vérité et de réconciliation, assortie de délais de conformité contraignants de 5 ans et d'un mécanisme d'application judiciaire.
- De l’eau potable propre dans toutes les communautés des Premières Nations d’ici 3 ans — non pas des promesses, mais des engagements juridiquement contraignants assortis d’une responsabilité ministérielle personnelle en cas de non-respect.
- Partage des revenus des ressources entre nations : tous les projets d'extraction de ressources sur un territoire autochtone non cédé nécessitent un accord de copropriété avec la ou les nations concernées, avec un partage minimum de 20 % des revenus.
- La compétence en matière de protection de l'enfance autochtone est revenue de plein droit aux communautés autochtones, avec un soutien financier fédéral inconditionnel.
- L’Institut indépendant des langues autochtones bénéficie d’un financement de 100 millions de dollars canadiens par année pour préserver et revitaliser les plus de 60 langues autochtones parlées au Canada.
2.10 Égalité des sexes et équité salariale
- Législation sur la transparence salariale : tous les employeurs de plus de 50 salariés doivent publier annuellement les données relatives aux échelles de salaires et à l’écart de rémunération entre les sexes.
- Garde d'enfants universelle : Plan de garde d'enfants universelle à 10 $ CA/jour (déjà lancé, accélération nécessaire) — objectif de 500 000 nouvelles places réglementées d'ici 2028, en priorité dans les régions mal desservies.
- Réforme du congé parental rémunéré : 52 semaines à 85 % du salaire, période de 20 semaines non transférable « à prendre ou à perdre » pour le parent autre que le parent biologique, afin de normaliser les rôles de soignant entre les sexes.
- Stratégie nationale de lutte contre la violence fondée sur le sexe : plans quinquennaux obligatoires pour les provinces, le financement fédéral étant lié à des réductions mesurables des taux de féminicides et de violence conjugale.
DOMAINE 7 : ENVIRONNEMENT, ÉNERGIE ET RÉALITÉ CLIMATIQUE
2.11 Une politique climatique à la hauteur de la crise
DDS rejette à la fois le déni des changements climatiques et les déclarations d’engagement climatique sans mesures structurelles. Le Canada peut atteindre la carboneutralité d’ici 2045 – avant les objectifs gouvernementaux actuels – s’il adopte une stratégie de transition cohérente, honnête et économiquement viable. Cette stratégie exige :
2.11.1 Tarification du carbone — Renforcée et simplifiée
Le prix fédéral du carbone doit augmenter de façon prévisible et linéaire pour atteindre 300 $ CA/tonne d’ici 2040 (contre environ 80 $ CA/tonne en 2024). Les recettes doivent être utilisées de façon transparente et équitable.
- 50 % redistribués à tous les Canadiens sous forme de dividende climatique égal par habitant — un dividende progressif à effet, car les Canadiens à faible revenu ont une empreinte carbone plus faible.
- 30 % au fonds de transition industrielle pour les secteurs confrontés à des ajustements structurels.
- 20 % pour les infrastructures de transport en commun et de mobilité active.
Note sur l’équité : À 300 $ CA/tonne, un ménage moyen à faible revenu recevrait un dividende climatique supérieur à la hausse de ses coûts énergétiques, ce qui rend cette politique à la fois écologiquement efficace et économiquement avantageuse. Il ne s’agit pas d’idéologie, mais des résultats modélisés par l’Institut Pembina et le Bureau du directeur parlementaire du budget.
2.11.2 Transition pétrolière et gazière
DDS ne propose pas la fermeture brutale des sables bitumineux de l'Alberta. Ce serait économiquement catastrophique et politiquement impossible, et aucun de ces objectifs ne serait atteint. DDS propose une transition maîtrisée, transparente et étalée sur 20 ans.
- Aucun nouveau projet d'expansion des sables bitumineux ne sera approuvé après 2026.
- Les opérations existantes se poursuivent dans le respect de normes d'émissions de plus en plus strictes, avec l'installation obligatoire de systèmes de captage du carbone sur tous les sites d'ici 2032.
- Fonds de transition de l'Alberta : 25 milliards de dollars canadiens sur 15 ans, spécifiquement destinés à la requalification de la main-d'œuvre, à la diversification économique des collectivités et à l'infrastructure d'hydrogène vert dans les régions dépendantes des combustibles fossiles.
- Émissions de méthane provenant des activités pétrolières et gazières : réduction obligatoire de 90 % d’ici 2030 (par rapport à 2012). Cette mesure à elle seule permet d’atteindre environ 15 % de l’engagement du Canada pris dans le cadre de l’Accord de Paris, à un coût relativement faible.
2.11.3 Développement des énergies propres
- Objectif : un réseau électrique 100 % propre d’ici 2035 (contre environ 83 % aujourd’hui – le Canada est déjà bien placé grâce à sa capacité hydroélectrique).
- Soutien fédéral à l’éolien en mer dans l’Atlantique (ressource de classe mondiale; développement minimal) et à l’énergie solaire dans les Prairies : 30 milliards de dollars canadiens sur 10 ans en coinvestissement fédéral.
- Interconnexion nationale du réseau de transport : construction des lignes de transport est-ouest permettant à l’excédent hydroélectrique du Québec de répondre aux besoins en électricité de l’Ontario et de l’Alberta, réduisant ainsi la dépendance aux centrales de pointe au gaz. Coût estimé : de 15 à 20 milliards de dollars canadiens. Économies annuelles estimées après la construction : de 4 à 6 milliards de dollars canadiens sur les importations de gaz.
- Obligation relative aux véhicules zéro émission : tous les nouveaux véhicules de tourisme vendus au Canada doivent être zéro émission d’ici 2030 (conformément aux normes californiennes et européennes).
- Programme de rénovation des bâtiments : prêts fédéraux à faible taux d'intérêt (0 % pour les ménages à faible revenu, 2 % pour tous les autres) pour l'installation de pompes à chaleur et l'amélioration de l'isolation — ciblant 500 000 logements par an.
2.12 Biodiversité et gestion des terres
- Engagement 30x30 : juridiquement contraignant, et non pas seulement une aspiration — 30 % du territoire terrestre et océanique canadien sous protection formelle d’ici 2030.
- Stratégie nationale sur l’eau douce : Le Canada détient 20 % des réserves mondiales d’eau douce de surface – une ressource stratégique qui exige un cadre de gestion à la hauteur de son importance mondiale.
- Réforme de la réglementation des pesticides : examen indépendant et scientifique de tous les pesticides homologués ayant des impacts sur la santé et la biodiversité ; élimination des produits interdits dans l’UE mais toujours homologués au Canada.
PARTIE III — ARCHITECTURE DE MISE EN ŒUVRE
3.1 L'approche DDS en matière de mise en œuvre
La qualité d'un programme dépend de son architecture de mise en œuvre. DDS s'appuie sur plusieurs principes qui distinguent son modèle de gouvernance de la gestion politique conventionnelle :
3.1.1 Objectifs mesurables et évaluation indépendante
Chaque domaine politique mentionné ci-dessus comporte des objectifs mesurables. Le DDS propose la création d'une Agence nationale indépendante pour les résultats politiques (NPOA), sur le modèle du Bureau national d'audit du Royaume-Uni et du Cadre de niveau de vie du Trésor néo-zélandais, qui :
- Publie des rapports trimestriels d'étape pour chaque objectif gouvernemental fixé, disponibles publiquement en ligne dans un format lisible par machine.
- Elle jouit d'une indépendance statutaire vis-à-vis du gouvernement en place — son président est nommé par une majorité parlementaire des deux tiers, et non par le Premier ministre.
- Peut recommander la suspension d'un programme si une politique ne parvient manifestement pas à atteindre ses objectifs après 24 mois.
3.1.2 La gouvernance des microgroupes DDS en pratique
La contribution distinctive de DDS à la gouvernance démocratique réside dans son modèle de micro-groupes fractals. Appliqué à la gouvernance canadienne aux niveaux local et régional, cela signifie :
- Dans chaque circonscription fédérale, DDS soutient la création d'un groupe de politique citoyenne (GPC) de 5 membres, qui se regroupent en groupes de travail de 25, puis de 125, alimentant ainsi les instances politiques avec des contributions structurées.
- Chaque CPG se réunit mensuellement, est enregistré publiquement et ses conclusions sont transmises au député local — qui est tenu, en vertu des règles internes du DDS, de répondre formellement dans un délai de 30 jours.
- Les délibérations du CPG sont enregistrées et accessibles au public, créant ainsi une piste d'audit en temps réel permettant de vérifier si les représentants élus sont à l'écoute de leurs électeurs.
3.2 Calendrier de mise en œuvre par étapes
|
Phase |
Années |
Actions principales |
Priorité budgétaire |
|
Fondation |
1–2 |
Référendum sur la réforme électorale ; lancement de l’Office du logement ; législation sur la réforme fiscale ; sites pilotes du CHC |
CAD 40B |
|
Construction |
3–5 |
Mise en œuvre du MMP ; 50 000 embauches dans les centres de santé communautaires ; lancement de Pharmacare ; projet pilote de revenu universel de base ; 50 000 unités/an pour le NHCA |
CAD 90B |
|
Consolidation |
6–8 |
Évaluation et mise en œuvre du revenu universel de base ; réformes du zonage achevées ; fonds de transition pour les sables bitumineux actif ; équilibre budgétaire atteint |
CAD 75B |
|
État stable |
9–10 |
Toutes les réformes sont opérationnelles ; l'excédent budgétaire est reconstitué ; les émissions sont inférieures de 50 % à celles de 2005 ; les délais d'attente sont dans la moyenne de l'OCDE. |
CAD 60B |
3.3 Analyse des risques et compromis honnêtes
DDS ne prétend pas que son programme soit exempt de risques ou de difficultés politiques. Les risques suivants sont explicitement reconnus :
- Risque de fuite des capitaux lié à l'impôt sur la fortune : atténué par la taxe de sortie et le cadre fiscal minimum international de l'OCDE (plus de 130 pays participants). La Norvège applique un impôt sur la fortune depuis des décennies sans fuite significative de capitaux.
- Contrainte de capacité du secteur de la construction : même avec une volonté politique, le Canada ne peut pas construire 500 000 logements par année immédiatement, car la main-d’œuvre qualifiée nécessaire à cette échelle n’existe pas. Le programme de la NHCA sera mis en œuvre progressivement sur quatre ans, avec des investissements explicites dans la formation aux métiers.
- Compétence provinciale : les soins de santé, le logement et une grande partie des politiques sociales relèvent de la compétence provinciale dans la structure fédérale du Canada. Le programme fédéral du DDS repose largement sur des transferts fiscaux et des accords de coopération. Les provinces qui s’y opposent perdront le financement des transferts au-delà du niveau de base – un levier réel, mais limité.
- Transition du secteur des combustibles fossiles : l’Alberta et la Saskatchewan seront confrontées à des perturbations économiques. Le fonds de transition n’est pas un acte de charité ; il représente le coût de la cohérence des politiques nationales. Sans lui, le programme est politiquement intenable.
- Risque d'inflation lié aux dépenses publiques importantes : le programme DDS est progressif, financé par les recettes et axé sur des interventions du côté de l'offre (construction de logements, personnel de santé, infrastructures d'énergie propre) plutôt que sur la seule stimulation de la demande. Cela réduit, sans toutefois l'éliminer, le risque d'inflation, notamment au cours des trois premières années.
CONCLUSION : CE QUE LE CANADA PEUT ÊTRE
Le Canada n’a pas un problème d’abondance, mais un problème de gouvernance. Ses institutions, à tous les niveaux, ont été conçues – et ont évolué – pour servir les intérêts de ceux qui détiennent déjà le pouvoir, plutôt que ceux des 38 millions d’habitants du pays et des générations futures.
Le programme décrit dans ce document n'est pas utopique. Chaque proposition a un précédent dans une démocratie fonctionnelle quelque part dans le monde. La représentation proportionnelle fonctionne en Allemagne et en Nouvelle-Zélande. L'assurance médicaments universelle fonctionne dans tous les autres pays développés. L'impôt sur la fortune fonctionne en Norvège. Les centres de santé communautaires fonctionnent aux Pays-Bas. La politique industrielle fonctionne en Corée du Sud, à Taïwan et maintenant aux États-Unis. La tarification du carbone fonctionne en Colombie-Britannique, qui a appliqué le tarif carbone le plus avantageux d'Amérique du Nord pendant 15 ans.
Ce qui manque au Canada, ce n’est ni le savoir, ni les ressources, ni les capacités. Il lui manque les structures politiques qui permettraient à la véritable volonté de ses citoyens de se traduire en politiques concrètes, et il lui manque un leadership politique disposé à repenser ces structures plutôt que de simplement s’y conformer.
DirectDemocracyS ne propose pas qu'on lui fasse confiance. Elle propose d'assumer des responsabilités – de manière spécifique, mesurable, transparente et publiquement vérifiable. C'est là la véritable différence entre une promesse politique et un programme politique.
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